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Des chats et des hommes

L’autre jour je parlais de mon chat femelle avec une collègue qui vit à Abidjan en Côte d’Ivoire. Il s’avère qu’elle aussi adore les chats, deux femmes qui parlent de chats ça peut être encore pire que deux femmes qui parlent de leurs enfants…

Je lui parlais de ma récente lecture d’un livre de Doris Lessing qui s’appelle « Les chats en particulier », court récit dont les deux chattes rivales de l’auteur sont les héroïnes et où les êtres humains n’existent que pour s’interroger sur ces mystérieux félins. J’aime l’idée qu’un Nobel de Littérature ait eu l’audace d’écrire sur les chats, sujet peu courant (si les poètes évoquent fréquemment le chat, les écrivains n’en font pas des héros).

Je lui conseillais cette lecture puis elle se mit à parler de son chat avec amour, un mâle à la fourrure de lion, grand et fort, racé. La façon qu’il avait de dormir juste au-dessus de son crâne, les griffes délicatement posées sur ses cheveux, la façon qu’il avait de se réjouir lorsqu’il voyait ses petits-enfants arriver dans sa maison, ces fois où il disparaissait quelques jours mais où il revenait toujours vers son foyer. Alors que je m’apprêtais à lui poser tout un tas de questions sur ce somptueux animal, elle me dit qu’il avait disparu pour de bon, qu’elle savait que cette fois il ne rentrerait pas. Je la sentais fébrile, je ne savais pas trop si elle voulait changer de sujet ou si je pouvais la réconforter avec l’histoire de ce chat qui a parcouru près de 5000 km pour rentrer chez lui en Russie.

Je tentais un « Quelqu’un l’a peut-être retrouvé ! As-tu essayé de mettre des affiches dans ton quartier ? », pauvre parisienne naïve que je suis. Elle me dit sur un ton grave « Ici on ne retrouve pas les chats, ici on les mange ». Je crus un instant qu’elle faisait de l’humour. Mais non, ce n’est pas une blague. Je ne sais pas si c’est le cas dans toute l’Afrique mais à Abidjan, en Côte d’Ivoire, on mange du chat parce que (je cite) « Pour eux c’est comme du lapin ». Et tout à coup une image atroce m’est revenue en tête. Un soir, une nuit plutôt, lorsque j’étais encore sur Twitter parce que je pensais vraiment (décidément très naïve, oui je sais) qu’on pouvait y apprendre des choses passionnantes, j’avais vu une photo d’un chat au bout d’une corde, porté par trois hommes noirs hilares, un chat qui avait été rasé et qui était apparemment mort. Comme un trophée. Et aujourd’hui je comprends pourquoi : ils allaient le manger, ce chat. Histoire de mœurs, de culture, de pauvreté, de ce que vous voulez. Ailleurs, et pas qu’en Chine, on mange du chat.

Quand je caresse mon chat femelle et qu’elle me regarde avec ses yeux enamourés, je lui dis avec la voix la plus douce qui soit « Personne ne te mangera jamais ma chérie, parce que je veille sur toi ». Et elle tend la patte vers moi, comme pour me dire « Je sais ».

« Le plus petit des félins est une œuvre d’art » Léonard de Vinci

Doris Lessing et son chat
Doris Lessing et son chat
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3 réflexions au sujet de « Des chats et des hommes »

  1.  » deux femmes qui parlent de chats ça peut être encore pire que deux femmes qui parlent de leurs enfants… » et encore on n’a pas parlé de chats ensemble…Perso aussi, quand j’entends des histoires comme celle que tu relate impliquant des chats, j’ai instinctivement le regard qui se tourne immédiatement vers les deux miens, Bastet et Sekhmet. Et ne veux dès lors plus y penser^^

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