Portraits de VG

Portrait de VG #1 : Alexia, 30 ans

alexia

Je suis heureuse de partager ma nouvelle rubrique qui propose des portraits de VG tous différents mais unis autour de la cause animale. On peut devenir vegan du jour au lendemain ou beaucoup plus progressivement, après des années de végétarisme par exemple. On peut être très militant ou pas du tout, on peut se sentir seul(e) ou très entouré(e). Cette rubrique existe pour donner la parole à une minorité : les végétaliens de France. On commence avec Alexia…

Comment es-tu arrivée au véganisme ?

J’ai toujours été intéressée par l’alimentation végétarienne de manière générale pour ma santé, puis j’ai lu quelques blogs et surtout « Faut-il manger les animaux ? » de Jonathan Safran Foer, ça m’a mené au fameux discours de Gary Yourovsky, le «discours le plus important de votre vie ». C’est peut-être un discours à l’américaine mais sur le fond c’est pertinent, enfin, j’ai regardé Earthlings et en fait ça a été assez radical puisque je n’ai pas eu de transition.

Je suis passée de quelqu’un qui s’intéressait au végétarisme pour sa santé à quelqu’un qui est végétalien pour les animaux. Aujourd’hui je ne me considère pas comme vegan dans le sens où je sais que je fais encore des erreurs malgré moi, par exemple la dernière fois j’ai acheté des bonbons chez Marks & Spencer qui étaient supposés être végétaliens, c’était écrit dessus, et après je vois sur l’étiquette qu’il y avait de la cire d’abeille…

Je me considère comme végétalienne depuis mai 2014, pas encore comme vegan, je ne suis pas parfaite mais il est clair que je refuse l’exploitation animale sous toutes ses formes. Avec le véganisme en fait tu ouvres une porte et tu vois tout ce qu’il y a derrière, je me suis dit que j’avais été bernée, personne ne te parle de ce qui se passe dans les exploitations, les publicités te font croire que les vaches sont heureuses dans des champs et tu ne te poses pas plus de questions que ça, quand tu ouvres les yeux c’est atroce mais c’est nécessaire.

A quoi as-tu été confrontée lorsque tu as décidée de devenir végétalienne du jour au lendemain ?

J’adore la cuisine donc je me suis beaucoup documentée, j’ai acheté des livres et lu des blogs, j’ai aussi lu des études étrangères qui parlent des bienfaits d’un régime végétalien parce qu’en France il y a encore des personnes qui pensent que ce n’est pas viable. Le plus dur je dirais que ça a été le regard des autres, parce qu’au début je ne savais pas trop me défendre, je crois que j’avais peur d’être mal vue, mon cercle d’amis n’a pas forcément compris ma démarche.

Si ma meilleure amie, qui a des intolérances alimentaires, a été compréhensive, avec les autres c’était plus « ah mais on pourra plus manger du saucisson ensemble alors ». Et ce qui a été compliqué aussi ça a été les réunions familiales, entre ma mère qui fait une paella tradi que je ne peux pas manger et mon beau-père qui me dit que « c’est pas grave il te suffit de trier la viande », il y a un décalage ; ce sont des réflexions qui ne sont pas méchantes mais qui montrent qu’ils ne font pas d’effort de compréhension.

Au début j’étais très discrète mais maintenant je m’affirme, je sais bien me nourrir et je suis plus dans la revendication tout en étant calme mais je ne me cache plus en fait. Je dis que c’est viable de manger végétalien, que je n’ai pas de carences et que je vais bien. Quelqu’un qui me dit qu’il adore la viande, avant j’aurais laissé tomber, aujourd’hui j’essaie de l’interpeler. Typiquement ceux qui me parlent de la viande bio et du fait que la vache a été bien traitée (ce qui est faux, on l’a vue grâce aux enquêtes de L214), je les mets face à leurs contradictions : la vache a été mise à mort, le résultat est le même, bio ou non. Dans le bio aussi il y a des élevages intensifs, il ne faut pas se voiler la face…

Est-ce qu’il y a plat de flemmarde que tu aimes faire et qui plaît à tout le monde ?

Mon plat préféré c’est le chili sin carne, c’est le plat que je fais toujours à ceux qui mangent de la viande et viennent dîner chez moi. J’ai adapté la recette que je faisais avant en remplaçant la viande hachée par du tofu fumé. C’est une boite de haricots rouges, une boite de maïs, une carotte en petits morceaux, des oignons émincés, sauce tomate et hop voilà tout le monde est content. C’est un plat convivial ! (ma recette de Lazy ici).

Que fais-tu au quotidien pour les animaux, es-tu militante ?

Je me pose la question d’être plus dans l’action…déjà je suis adhérente à l’asso L214 et un lundi par mois il y a des projections organisées par Vegan Folie’s à l’espace Jean Dame (dans le 2ème) qui permet de t’intéresser à des sujets auxquels tu n’aurais pas pensé, ça permet de débattre. La dernière fois j’ai vu un documentaire qui s’appelle « Inside Fur » et traite de la question des élevages de visons et de renards pour leur fourrure. Même si je suis déjà informée, je ne pensais pas que c’était si atroce, je ne pensais pas que les éleveurs pouvaient se moquer à ce point de leur sort, je ne pensais pas que l’homme était si fou et bien sûr ça me conforte dans l’idée de refuser l’exploitation des animaux et de m’informer et me battre en ce sens.

Le fait de partager des moments de ma vie sur Twitter et sur Instagram c’est important, ça participe à montrer qu’on peut être végétalienne et avoir une vie normale, rien ne me fait plus plaisir que lorsqu’on me demande des conseils sur les réseaux sociaux, quel livre se procurer, quels blogs je lis, comment remplacer les œufs, je participe à faire passer le message, à mon modeste niveau. J’ai participé à la Veggie Pride l’année dernière, il y a les vegan places qui sont organisées aussi, autant de moyens de se rassembler autour de la même cause. Le fait de choisir de consommer vegan, que ce soit en allant au resto ou au supermarché est un acte militant !

Quelle est ta position par rapport au welfarisme ou à l’abolitionnisme ?

Je me considère comme abolitionniste mais je ne suis pas fermée au welfarisme, je pense que quelqu’un qui n’est «que » végétarien, c’est toujours mieux que quelqu’un qui mange de la viande. Bien sûr que l’idée c’est la fin de toute forme d’exploitation animale mais je ne vois pas comment on peut y arriver sans passer par le welfarisme en fait. Imposer des repas végétariens à la cantine c’est important, ça passe par là je crois. Récemment le gérant d’Un Monde Vegan a choisi d’arrêter de commercialiser le faux-gras à cause de la pression de militants qui disent que c’est exploiter les chiens chasseurs de truffes. Dans son communiqué, le gérant d’UMV dit que les chiens ne sont pas maltraités (voir post du 26 octobre sur leur Facebook) cela dit, oui, cela reste une forme d’exploitation animale. Mais Gaia la marque qui commercialise le faux-gras se positionne comme une alternative au foie gras qui est une tradition à la fois cruelle et sacrée pour beaucoup de Français. Je me demande si ce n’est pas regrettable que le seul magasin 100% vegan se passe de ce produit à l’approche de Noël. La question qu’on peut se poser c’est : est-il possible d’être un vegan parfait ? Je ne le crois pas, je pense qu’on fait du mieux que l’on peut. Par exemple j’ai gardé un sac en cuir parce qu’il a une valeur sentimentale, c’est ma mère qui me l’a acheté, j’ai jeté le reste mais j’ai encore des manteaux en laine dans ma garde-robe, c’est vrai, même si je sais ce que la laine implique comme souffrances…Je n’en achèterai plus, je me dis que c’est déjà ça, mais oui il y a des choses que je garde, comme cet étui à lunettes en cuir qui appartenait à ma grand-mère.

Finalement en quoi être végétalienne a changé ta vie depuis deux ans et demi ?

Tout a changé, mon rapport aux gens, à l’écologie, avant je ne triais pas mes déchets, j’essaie de diminuer mes déchets, je consomme différemment, je m’intéresse aux luttes de toutes sortes, je me sens beaucoup plus concernée par ce qui m’entoure. Même au niveau de mon métier, avant je voulais être juriste à l’international, j’ai fait des études dans ce but, pour être « à l’abri » financièrement, aujourd’hui je révise pour passer le concours d’instit parce que pour moi c’est une façon de transmettre mes valeurs, je n’ai pas envie de passer à côté de ma vie dans une carrière où je bosse 70 heures par semaines, j’ai pris conscience de mes priorités, de l’importance du lien social aussi.

Retrouvez Alexia sur Twitter  et Instagram : @theaava

Pour finir, les adresses préférées d’Alexia :

Café Pinson (j’en ai parlé ici)

Un Monde Vegan

Vegan Folie’s

 

 

 

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Une réflexion au sujet de « Portrait de VG #1 : Alexia, 30 ans »

  1. Merci pour ce portrait. Je suis pour ma part végétarien et le plus souvent possible végétarien. Je suis très attaché au bien-être animal mais mal à l’aise devant le dogmatisme. Je trouve donc l’approche d’Alexia très saine et ouverte. Merci à toutes les deux ! Bonne journée.

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