Portraits de VG

Portrait de VG #3 : Julie, 23 ans

Julie et Ihlian
Julie et Ihlian

Tu es commis pâtissière, est-ce-que ça ne te dérange pas de travailler des produits animaux dans le cadre de ton activité professionnelle ?

Pour le moment j’apprends le métier. Techniquement parlant, c’est plus intéressant parce que les grands chefs sont omnivores. Je ne travaille pas avec des cadavres d’animaux, il n’y a pas de sang, c’est quand même moins difficile que si je travaillais en boucherie… L’année dernière je travaillais au Plaza Athénée (ndrl : palace parisien) et j’avais montré à mon chef comment monter des blancs en neige avec de l’aquafaba (jus de pois chiche), il était très intrigué ! Je pense qu’on peut faire bouger les choses tout en travaillant dans un cadre omnivore.

Pour quelles raisons es-tu devenue vegan ? Des raisons environnementales, pour les animaux, pour ta santé ?

J’ai d’abord été végétarienne pendant deux ans puis je suis passée au véganisme. Cet été, je vais fêter ma troisième année en tant que vegan. Si au départ ma motivation c’était les animaux, c’est aussi devenu pour ma santé et pour l’écologie.

Quel a été le déclic pour que tu arrêtes de manger de la viande ?

J’étais dans une famille d’accueil aux États-Unis qui était végétarienne. J’ai découvert le végétarisme pendant un mois à travers cette expérience et je me suis rendue compte qu’on était loin des clichés qu’on a en tête, non, on ne mange pas que de la salade !

Puis plus tard de retour en France j’ai vu un reportage sur les conditions de vie des animaux d’élevage, le lendemain je me suis dit « J’arrête la viande ! ». Je n’ai jamais aimé le fromage ni les produits laitiers, à part les œufs où ça a été un peu plus compliqué, ma transition s’est faite naturellement. A tel point que je me demande pourquoi je ne suis pas passée directement vegan…Je crois que c’est parce qu’on a peur de l’inconnu, ça peut faire peur au début !

Aujourd’hui, on voit beaucoup de filles qui ont réussi à se sortir de l’anorexie grâce au véganisme. Sur ton compte Instagram je me souviens que tu as évoqué tes propres TCA (Troubles du Comportement Alimentaire). Est-ce-que le véganisme t’aide dans ton rapport à la nourriture ?

Clairement oui. Après c’est à nuancer parce qu’il y a des filles qui passent à une alimentation végéta*ienne juste pour consommer moins de calories parce que la viande on sait que c’est calorique. Moi ça m’a aidé à reprendre confiance, à me remettre à manger petit à petit. Après il y avait aussi ce côté « vicieux » où en passant végétalienne j’ai pu penser que je baissais encore le nombre de calories mais finalement je me suis mise à manger plus sans m’en rendre compte ! Arrêter de calculer le nombre de calories ne se fait pas du genre au lendemain, c’est une maladie mentale…

Tu cuisines quoi quand tu reçois des omnivores ?

Je fais des plats simples, par exemple un curry de légumes au lait de coco, j’ajoute du gingembre, j’adore ça. Forcément vue ma profession c’est sur le dessert que je vais accentuer le repas, j’adore le Royal Chocolat (ndrl : aussi appelé Trianon, un délice !). C’est simple, c’est bon, en général, tout le monde aime ! Je fais aussi une tarte figues-noix de pécan caramélisées dont ma mère raffole, j’avais appris cette recette quand je faisais mon stage au Plaza Athénée et j’ai tout simplement végétalisée la recette ! J’aime relever le défi de végétaliser un plat en essayant de faire aussi bien voire mieux que la version originale.

Est-ce-que c’est important pour toi de propager le message de la cause animale ?

Je participais beaucoup aux vegan places avant mais mes horaires ne me le permettent plus aujourd’hui, j’y vais encore mais moins souvent. Je parle de mon véganisme autour de moi, je crois que je suis beaucoup moins agressive qu’avant et que le message passe mieux. J’ai eu une période où j’étais vraiment agressive et ce n’est pas comme ça qu’on peut faire changer les choses je pense, au contraire, ça fait fuir les gens et ça les conforte dans l’idée que les vegans sont « extrémistes »…C’est à travers la nourriture et les repas qu’on partage qu’on peut donner une image positive. Si quelqu’un veut débattre avec moi, j’ai mes arguments et je sais me défendre ! Mais c’est une épreuve de force d’être sans cesse confrontée aux mêmes arguments des omnivores comme « le lion mange la gazelle ». La dernière fois j’ai fait face à quelqu’un qui se comparait à un lion et qui m’a demandé « Tu veux que le lion mange de la salade ? » et j’ai rétorqué « Parce que le lion il va comme toi chercher sa viande au supermarché ? Il la chasse, sa viande ! Tu chasses, toi ? ». C’est vrai que c’est usant parfois, de toujours répéter les mêmes choses…

Pour retrouver Julie sur Instagram : @juliestrip

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