Portraits de VG

Portrait de VG #4 : Lolie Darko, artiste

Lolie et son chien Diabolo
Lolie et son chien Diabolo

 

Comment tu définis ton travail en tant qu’artiste ?

Il y a des thèmes récurrents, l’élément principal ce sont les enfants tristes. J’aborde très souvent la question de la souffrance animale dans les tableaux et la question de la société de consommation de manière plus générale quand j’intègre des sacs poubelle, ce genre de chose. Il y a forcément une portée sociale dans ce que je fais, c’est une sorte de projection… Si on expliquait dès l’enfance aux gamins ce qui se passe autour d’eux, ce qu’il y a dans leur assiette, ce qu’ils portent, tout ce système qui nous entoure, ils n’accepteraient pas de grandir ou de vivre dans cette société parce que c’est totalement à l’encontre de ce que tu es quand tu es un petit humain qui n’a pas envie de faire le mal, que tu as une vision naïve des choses. C’est ce choc un peu brutal, un peu frontal avec ce que devient l’humain à l’âge adulte et sa façon de vivre dans l’ignorance, de fermer les yeux volontairement sur des sujets qui dérangent notre confort pour ne pas avoir à changer un mode de vie. Je ne sais pas si tu te souviens de la vidéo du petit Brésilien qui découvrait qu’en fait manger de la viande c’était des animaux, ces questions sont naïves mais si justes, c’est l’idée récurrente dans beaucoup de mes peintures.

Est-ce que ton art a évolué en même temps que ton mode de vie végétalien ?

J’ai commencé à peindre sérieusement alors que j’étais déjà végétalienne, il n’y avait pas de portée immédiate dans mes peintures jusqu’à ce que je commence à peindre dans la rue, là je me suis rendue compte que peindre dans la rue c’était délivrer un message direct au plus grand nombre. C’est beaucoup plus incisif puisque ça incite à une réaction. Le fameux « Meat is murder » par exemple, c’est assez incroyable parce qu’il n’a toujours pas été recouvert, il est à Londres depuis une bonne année. Je l’ai fait à Paris où il a été recouvert dans les jours qui viennent, il a été vandalisé, on a rayé les yeux des enfants. A Paris c’est systématique, on « accessoirise » ce que je fais on va dire… Il y a l’enfant qui tient le Bambi dans ses bras aussi, l’idée derrière ça c’est une critique de toute la foire Disney, l’histoire de Bambi c’est ce chasseur qui tue sa mère et comme par magie Bambi survit et a une vie heureuse… alors que je pense qu’il n’y a aucun nouveau-né qui survive plus de 24 heures à l’assassinat de sa mère. L’univers Disney revient souvent chez moi, il y a les enfants avec les oreilles de Mickey et les animaux style années 60 qui m’ont été inspirés des jouets des années 60 inspirés eux-mêmes des Disney de cette époque. C’est cette vision un peu artificielle du monde.

La première fois qu’on s’est rencontrées tu m’as dit que tu te considérais comme végétalienne, pas comme vegan. Aujourd’hui être vegan c’est ton objectif ou ça te semble inaccessible et pourquoi ? Qu’est-ce qui t’empêche d’être vegan aujourd’hui ? (ça fait beaucoup de questions)

Ça peut paraitre superficiel mais ce qui m’empêche d’être vegan à 100% c’est la mode.  J’ai des sacs en cuir que je continue de porter et que j’aime, j’achète encore des baskets en cuir même si c’est très rare, ça m’ennuie vraiment de contribuer à ça, clairement… J’aspire à trouver des produits de mode satisfaisants qui soient vegan, aujourd’hui l’offre présente n’est à mon sens pas suffisante et pas adaptée à toutes. Aujourd’hui l’offre « éthique » n’est pas assez diversifiée, on n’a pas toutes envie de porter des couleurs chatoyantes et des matières style lin, chanvre etc et c’est malheureusement ce qu’on trouve le plus. Le luxe ne propose par exemple que très peu de modèles vegan friendly. On vit dans un monde où ceux qui ont un fort pouvoir d’achat changent la mode, si les marques de luxe commençaient par proposer plus de sacs sans cuir, plus de pulls sans laine, ça se démocratiserait forcément ! Aujourd’hui à part Stella Mc Cartney, il n’y pas pas d’option « luxe » et c’est dommage. Ma conception des choses c’est d’admettre qu’on est dans cette société de consommation, qu’on ne peut pas la rejeter, en revanche on peut la faire évoluer intelligemment notamment avec le poids que représente le pouvoir d’achat. Certes on peut acheter des vêtements ou chaussures chez des marques fast fashion (Topshop, Zara, H&M) mais les conditions de fabrication sont abjectes et de mauvaise qualité de surcroit. Les chaussures c’est le plus gros problème quand on devient vegan, trouver de la qualité à la fois végan et sans cruauté c’est compliqué. Être à la mode et vegan c’est compliqué. C’est une réalité.

Quand tu as la flemme de cuisiner, tu manges quoi ?

Maintenant c’est super facile avec tous les simili-carnés qu’on trouve partout dans les supermarchés, l’offre est incroyable chez Monoprix. Il y a même des Naturalia vegan qui ont ouverts il y a peu. Honnêtement par rapport à il y a trois ans ça n’a rien à voir, je me revois en train de couper du tofu fumé pour faire des faux lardons… Quand j’ai la flemme, j’achète de la nourriture industrielle vegan, même si je mange plutôt sain en temps normal. J’achète mes simili-carnés à la Boucherie Végétarienne parce que c’est à côté de chez moi et c’est super bon. Et puis j’aime leur démarche.

Pour retrouver l’univers de Lolie Darko :

www.loliedarko.com

Instagram : @lolie_darko

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