Portraits de VG

Portrait de VG #5 : Yoyo, gérante du Petit Refuge dans la prairie

Clara et Yoyo
Clara et Yoyo

Beaucoup de vegans rêvent d’ouvrir un refuge pour animaux, toi tu l’as fait, quel a été le déclic ?

En fait ça a été un enchainement de circonstances. Le début ça a été un lapin qu’un ami employé municipal avait recueilli pour me le confier, c’était un lapin errant. Jusque-là je n’avais eu que des chats ou des chiens, je ne m’étais pas plus intéressée aux autres animaux. Et ça a été formidable, c’était un lapin qui mangeait avec nous à table, ça a été une révélation pour moi : mon lapin était une personne à part entière. Avec mon fils qui est aussi vegan et militant et qui devait avoir douze ans à l’époque, on a voulu sauver d’autres lapins. On a fait ce que certains considèrent comme une bêtise, on est allé sur Le Bon Coin, il n’y avait pas d’autre moyen de le faire à ce moment-là. On en a acheté auprès de particuliers qui faisaient des élevages, c’est particulièrement sordide, il y a énormément de gens qui élèvent des lapins chez eux dans un coin de garage dans des conditions atroces. On en a récupéré quelques-uns comme ça.

Mon fils avait un rêve depuis très longtemps, celui de sauver un cochon. On a sauté le pas, pareil via Le Bon Coin. Et on a voulu une compagne pour ce petit cochon alors on est passé par l’asso Groin-Groin et on l’a adoptée par ce biais. Ça commençait à prendre forme, parce que la femelle avait une copine poule dont il était hors de question de la séparer. J’étais à un tournant de ma vie, j’avais des choix à faire et je savais que ce serait les animaux. J’étais militante, je m’étais déjà investie dans la cause animale et il était clair que mon engagement ne pouvait s’arrêter là. Avec mon fils on s’est dit qu’on allait recueillir des animaux et qu’on ferait visiter, ce serait notre façon de faire quelque chose pour eux. Ensuite j’ai trouvé une maison abandonnée au milieu d’une prairie près de Toulouse et ça a été le début de l’aventure. Par le bouche à oreille, puisque j’avais pas mal de contacts dans le milieu militant, on a su que le refuge existait et aujourd’hui, deux ans après, il y a une bonne cinquantaine d’animaux au Petit Refuge dont la moitié sont des poules et coqs.

Il y a très peu de refuges pour animaux en France. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

Parce qu’il n’y a pas de subventions. C’est déjà compliqué d’avoir des subventions quand on est un refuge pour animaux domestiques… Mais la mairie considère que c’est un service municipal, une annexe bien pratique parce que les gens se plaignent des chats et chiens errants. En revanche les animaux de ferme n’intéressent absolument personne, ça n’a aucun intérêt pour les collectivités, c’est aussi simple que ça. Pas de possibilité d’être soutenu de ce côté, donc. Après il y a la question du prix du foncier, un refuge pour animaux domestiques c’est possible sur 1000 ou 2000m2, mais pas pour des animaux de ferme qui demandent bien plus d’espace. Ça suppose d’avoir des fonds personnels ou d’accepter d’aller vivre au fin fond de la campagne et ça il y a peu de gens qui l’envisagent. La dernière raison c’est aussi la charge de travail que cela représente et le fait de rentrer dans l’inconnu. Autant les chats et les chiens on voit à peu près comment s’en occuper mais les animaux de ferme c’est autre chose, ça demande des connaissances qu’il faut acquérir, ça peut aussi être un frein…

Est-ce-que tu peux accueillir des bénévoles au Petit Refuge dans la Prairie ?

J’ai souvent des demandes mais je ne peux malheureusement pas y répondre parce que mon travail  n’est pas prévisible, aucune journée ne se ressemble, les horaires sont imprévisibles, les petites tâches disparates, je suis la seule à connaître mon lieu de vie et je n’aurais pas le temps de gérer des bénévoles. Mais nous accueillons des visiteurs qui peuvent aller à la rencontre des animaux, nous organisons aussi des ateliers de cuisiner végétale, tous les évènements sont sur la page Facebook !

Je sais que tu cherches à t’agrandir d’ici deux ou trois ans pour accueillir plus d’animaux, tu envisageras d’avoir des bénévoles quand ce sera le cas ?

Très honnêtement je ne peux pas encore répondre. J’avais le projet initial de fonctionner comme ça. J’ai eu trois personnes qui se sont succédé au Petit Refuge, à l’époque j’avais une caravane et je proposais l’hébergement en échange de travail auprès des animaux pour m’aider. Il s’est avéré que c’étaient des gens qui voulaient juste profiter sans jamais travailler. Ça a été très douloureux à vivre et je ne suis pas prête à refaire confiance. Je serais amenée à le faire mais il me faut juste un peu de temps !

Parmi les animaux qui vivent avec toi, quels sont ceux dont tu te sens le plus proche ?

Spontanément je pense aux chèvres. Ce sont des animaux extrêmement curieux, toujours à observer leur environnement, à chercher les interactions avec les humains, elles sont vraiment étonnantes et les visiteurs sont toujours surpris de voir qu’elles sont là avec nous, elles recherchent notre compagnie, elles ont une intelligence comparable à la nôtre. J’en ai une qui essaie d’imiter ma voix, elle m’appelle le matin en imitant ma voix, c’est vraiment drôle ! Et entre elles, les chèvres ont d’autres intonations, un autre langage en fait, parfois je les surprends à avoir des intonations bien plus graves, c’est vraiment intéressant. Je me sens très proches d’elles, elles veulent mon contact, elles cherchent les caresses, les chèvres sont très câlines.

Est-ce que tu as un message à donner aux lecteurs du blog ?

Foncez ! Il ne faut pas trop réfléchir avant de passer à l’action, les problèmes se posent certes mais on les résout petit à petit. Il y a de plus en plus de gens qui commencent à comprendre le sens de notre action donc il faut retenir que nous ne sommes pas seuls ! Il faut sauver les animaux non seulement pour eux mais aussi pour montrer que ça vaut la peine de se battre et de consacrer sa vie aux animaux. Parce que ça impressionne les gens. Ils voient quelqu’un qui consacre toute sa vie aux animaux et ça les fait réfléchir, ils se demandent pourquoi un tel engagement ? Qu’est-ce-que les animaux ont de plus ? Les animaux ont le droit d’être eux-mêmes, ils ont le droit de vivre, ils ont le droit d’exister pour eux-mêmes et non pour finir dans notre assiette. Un tel engagement fait réfléchir les gens !

Pour aider le Petit Refuge en donnant 1€ par mois : www.teaming.net/refugeanimauxdeferme

Pour sponsoriser un animal, voir page Facebook : http://www.facebook.com/lepetitrefugedanslaprairie/

Instagram : @petitrefugedanslaprairie

 

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